TYPES DE LAINE À TRICOTER
ou comment s’y retrouver parmi toutes ces pelotes?
C’est si joli, toutes ces pelotes de toutes les couleurs! Mais comment s’y retrouver et choisir sans dépenser une fortune? Essayons d’y voir plus clair dans tous ces types de laine à tricoter qui existent sur le marché. Avec le choix des aiguilles, c’est un autre critère de réussite très important pour tes projets.
Voici le résumé de cet article:
- de quoi sont faites les pelotes
- la grosseur du fil
- comment choisir la laine pour son projet
- chercher une alternative à la laine dédiée à un patron
- comment (et pourquoi) tricoter deux ou trois fils ensemble
La composition d’un fil de laine à tricoter
On peut classer les fils de laine à tricoter selon plusieurs critères. Occupons-nous tout d’abord des matières qui servent à fabriquer le fil.
Les fils d’origine animale
(ceux qu’on appelle communément les laines) ne sont rien d’autre que les poils des animaux qu’on tond ou qu’on peigne. Ces poils sont ensuite lavés, filés, teints et mis en pelotes ou écheveaux.
Voici donc les animaux dont la généreuse toison nous permet de nous tenir chaud:
Le mouton
La laine de mouton c’est THE laine, la plus connue, la plus répandue. Elle peut être rêche, rustique ou plus douce, cela va dépendre de son traitement et de la race du mouton.
La star de la laine de mouton: la mérinos. Elle est sur le podium car elle est douce, ne pique pas (sauf si tu es très, très sensible), tout en nous gardant bien au chaud (sans nous faire transpirer).
L’alpaga
Cet animal à l’apparence fort sympathique nous donne… de l’alpaga. Sa laine est très chaude, plutôt douce et légère. Elle ne contient pas de lanoline (graisse naturellement présente sur la toison des moutons). Environs 2% de la population présente une allergie à la lanoline, si tu en fais partie, c’est la laine pour toi!
La chèvre
D’abord le roi de la douceur: le cachemire. Cher mais tellement luxueux et précieux. Le cachemire est fabriqué à partir des sous-poils de chèvres vivant sur les haut plateaux en Asie.
Il est donc très chaud et très, très léger.
Une autre race de chèvre, la chèvre angora, nous donne du mohair – un fil duveteux, très fin et brillant. On l’associe souvent avec un autre fil afin de lui ajouter du gonflant.
Le lapin angora
Il s’agit d’un lapin qui produit de la laine angora. Si tu as déjà caressé un lapin, tu peux imaginer que c’est superbement doux, moelleux et très léger…
Gare aux malentendus: chèvre angora = mohair, lapin angora = laine angora
Le ver à soie
Le cocon qu’il fabrique ressemble à une bobine constituée de plus d’un kilomètre de fil de soie. C’est une matière noble, résistante, aux propriétés étonnantes, chaude en hiver et rafraichissante en été.
Il existe d’autres animaux qui sont sources de fibres, comme le chameau, le yak ou la vigogne qui donne une laine particulièrement noble (et très chère). Théoriquement, on pourrait imaginer de filer la laine avec les poils de tous les animaux qui en possèdent suffisamment. J’y songe d’ailleurs souvent quand je brosse mon chien…
Les fils à tricoter d’origine végétale
Le lin: les fibres du lin proviennent de la tige d’une jolie plante à fleur bleu. C’est une matière résistante, assez rigide, qui se radoucit au fil des lavages. Idéale pour les tricot d’été.
Le coton: je crois que le coton n’a pas besoin de présentations, il est omniprésent dans nos armoires. Il est parfait pour tricoter des accessoires et des vêtements d’été.
Il existe beaucoup d’autres fibres végétales comme le chanvre, le bambou, le maïs et même l’ortie.
Une fibre à part: la viscose. Son origine est tout à fait naturelle, car elle est fabriqué à partir du bois. Cependant, le processus de fabrication, incluant plusieurs procédés chimiques, fait qu’on la classe comme « artificielle ». La viscose, c’est un peu le parent pauvre de la soie. Elle a été inventée pour l’imiter. Elle n’en possède pas toutes les qualités mais elle est parfaite pour l’été car ne garde pas la chaleur et reste fraîche.
Les fibres synthétiques
Ce sont les fibres issues de la pétrochimie comme l’acrylique, le polyester et le polyamide (nylon).
L’acrylique est la fibre qui essaye le plus souvent de se substituer à la laine. Mis à part son prix bas et peut-être sa résistance au lavage, cette matière n’a que des défauts: elle ne laisse pas respirer la peau et elle bouloche beaucoup. Son processus de fabrication et son utilisation sont désastreux pour la nature – c’est un dérivé du plastique.
Est-ce que ça t’est déjà arrivé de te prendre une décharge électrique ou avoir les cheveux qui se dressent sur la tête en enlevant ton pull? Si oui, c’est qu’il était probablement fait en matière synthétique. De plus, l’acrylique produit un bruit très désagréable quand on le tricote…
Tu trouveras parfois un petit pourcentage de ces matières dans la composition de ta laine à tricoter. Par exemple, la laine à chaussettes contient souvent entre 20 et 25 % de nylon. Il faut savoir que cet ajout a parfois une utilité: il rend les fibres plus résistantes à l’usage, ce qui, dans le cas de chaussettes, est tout à fait justifié.
Mais si tu vois un pelote qui contient 50% de laine et 50% d’acrylique, est-ce encore de la laine…?
Il existe beaucoup de fils où plusieurs fibres sont mélangées: mohair et soie, laine et alpaga, laine et coton…
Essayons maintenant de classer les fils de laine à tricoter selon leur épaisseur/poids.
Il existe une grande variété de grosseurs de laine à tricoter, allant des fils les plus fins aux fils les plus épais. Ici, comme souvent dans le monde du tricot, ce sont les noms anglais qu’on utilise. Mais c’est un peu compliqué car les anglais et les américains utilisent des noms différents pour le même type de fil, il règne donc une certaine confusion dans ce domaine.
L’épaisseur de la laine à tricoter influe sur la texture, la densité, la taille de ton projet. Plus le fil est épais, plus vite il se tricote.
Voici un tableau avec la terminologie utilisée pour les fils de différentes épaisseurs:
Les laines à tricoter sont vendues en pelotes ou en écheveaux (qu’il faudra absolument rembobiner en pelotes avant le tricot, sinon le fil va s’emmêler).
Le poids d’une pelote standard est de 25, 50 ou 100 grammes, les écheveaux pèsent en général 100 grammes.
Le métrage de la laine est indiqué sur l’étiquette de la pelote et c’est une information importante qui permet de déterminer combien de fil sera nécessaire pour réaliser un projet donné.
Il peut varier en fonction du poids de la pelote, c’est-à-dire la quantité totale de laine contenue dans la pelote, ainsi que de l’épaisseur du fil. En général, plus le fil est fin, plus il y a de métrage par pelote, tandis que les fils plus épais ont moins de métrage (sinon, les pelotes seraient énormes :).
Il est important de connaître le métrage/poids de la laine pour calculer la quantité de fil nécessaire à un projet de tricot. Les patrons donnent des indications sur le métrage ou le poids de laine nécessaire pour réaliser le modèle. Pour l’estimer, tu dois diviser le métrage ou le poids indiqué dans le patron par le métrage/poids d’une pelote. Par exemple, si tu as besoin de 500 grammes de fil pour ton patron et chaque pelote en contient 50, tu dois acheter 10 pelotes.
Comment choisir la laine pour son projet?
Si tu fais tes premiers pas, je te conseille vivement de suivre les indications de l’auteur du patron. Tu peux ainsi réduire le risque que ton projet ne ressemble point à ce que tu as vu sur la photo. Quand on commence à tricoter, on se pose beaucoup de questions et pouvoir comparer le résultat de son travail avec celui de l’auteur du patron peut être une aide précieuse.
Si tu choisis la même laine à tricoter que l’auteur du patron, ton projet aura aussi le même drapé, la même texture et la même taille (à condition que tu aies fait ton échantillon…)
Pense bien, par contre, à choisir une couleur qui te plaît, car tu auras les yeux rivés dessus pendant un bon moment. Pour bien observer le croisement des fils et relever les erreurs, évite le noir et les couleurs très sombres.
Achète le nombre de pelotes nécessaire pour ton projet en une seule fois pour éviter la différence de couleurs. En effet, les fils sont teints dans des bains (le numéro du bain se trouve sur chaque étiquette) et peuvent présenter de légères différences de couleurs s’il ne proviennent pas du même lot. Pratiquement invisibles en pelote, ces différences ressortent une fois la laine tricotée et gâchent tout le travail.
Les labels
J’espère qu’en choisissant de tricoter une matière naturelle, sa provenance et le traitement qu’elle a subi ne te laissent pas indifférente.
Premièrement, le label mulesing free. Le mulesing est une pratique qui est autorisée aujourd’hui uniquement en Australie. Heureusement donc, toutes les laines mérinos qui proviennent d’Europe sont donc museling free. Si tu as l’estomac bien accroché, tu peux chercher des informations sur cette pratique cruelle infligée aux moutons.
Le label GOTS signifie Global Organic Textile Standard et garantit non seulement des conditions de travail dignes mais également le respect de l’environnement et certifie qu’un produit textile ne nuit pas à la santé de ceux qui le portent.
Oeko-tex garantie l’absence des substances nocives pour la santé dans les matières textiles.
D’autres labels existent, je n’ai cité que les plus connus.
choisir une autre laine à tricoter pour le patron
Il arrive parfois que nous ne pouvons ou ne voulons pas nous procurer la laine préconisée par l’auteur du modèle. Les raisons peuvent être multiples: la laine n’est plus fabriquée, on ne trouve pas les couleurs qui nous plaisent, le prix est trop élevé…
Choisir une autre laine est bien sûr possible, mais si tu n’as pas d’expérience, je t’invite à faire très attention à plusieurs choses!
D’abord, la composition: le même pull tricoté en laine alpaga et en fil de coton n’aura pas du tout le même aspect. La texture, le poids, la brillance du fil pourront complètement changer ton projet. Tu dois chercher un fil qui se rapproche le plus possible de la composition de celui du patron. Sinon, ce sera une surprise (et pas forcément une bonne).
Ensuite, l’épaisseur du fil: compare le poids et le métrage sur l’étiquette. Pour pouvoir arriver au même résultat, tu dois choisir un fil qui a presque le même métrage au poids que le fil du patron. Chez Drops, par exemple, les fils sont classés en catégories A B C D E F, en fonction de leur épaisseur (ce qui implique également la taille des aiguilles et le nombre de mailles dans l’échantillon). Tous les fils d’un groupe ont donc la même grosseur, mais attention, ils n’ont pas la même composition! Calcule ensuite bien le nombre de pelotes qu’il faudra pour tricoter ton projet. Attention, toutes les pelotes n’on pas le même poids!
Fais un échantillon! Je te conseille de le faire de toute manière, mais là, c’est encore plus important. Tu pourras te rendre compte non seulement de la taille, mais aussi du rendu de ta laine, une fois tricotée.
Pourquoi et comment tricoter deux (ou plus) fils ensemble?
On a vu que les fils de laine à tricoter ont des épaisseurs différentes, allant de très fins à très épais. En jouant avec les épaisseurs de laine, tu peux créer de nouvelles textures. Si tu doubles le même type de fil, tu obtiendras un tricot plus épais (plus chaud, donc). En ajoutant à un fil lisse un brin de mohair, tu auras une texture plus moelleuse.
Le tricot avec deux ou trois fil te donnera également la possibilité de jouer avec les couleurs pour obtenir un effet chiné.
Ce pull a été tricoté avec deux fils: un fingering (couleur bruyère) et un lace (rose pâle). Cela donne un effet chiné et le fil mohair&soie apporte un effet gonflant et duveteux à l’ouvrage.
Voici les associations de fils les plus courantes:
- Deux fils d’épaisseur fingering- on obtient l’équivalent d’un fil DK
- Un fil DK ou worsted avec un fil lace duveteux – une association très courante entre la laine mérinos et un fil de mohair&soie
- Un fil fingering avec un fil lace duveteux – on obtient une version plus légère que la précédente, en combinant par exemple de l’alpaga ou mérinos avec un fil de mohair&soie
- Deux ou trois fils lace mohair&soie tricotés ensemble – le résultat est très léger, aérien et ressemble à la dentelle.
Attention, les laines poilues, comme le mohair, sont très difficiles à détricoter! Je te déconseille de commencer par ce type de fil.
Quant à la technique, il n’y rien de sorcier: on prend deux (ou trois) pelotes et on tricote avec les deux (ou trois) fils. Il faudra juste faire attention à ce que les fils ne s’emmêlent pas (en mettant chaque pelote dans un panier ou bol différent, par exemple) et bien se rappeler que les mailles sont constituées de deux ou trois brins de fils.
La magie qui s’opère ensuite, c’est que dans le tricot fini, on ne peut plus distinguer les fils en double ou en triple (à moins d’y regarder à la loupe…)
